Si le collège de Kentish Town n’était plus conventionné

Le Collège Français Bilingue de Londres (CFBL) est un établissement conventionné avec l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE), dont la création est intervenue dans le cadre du Plan Ecole, impliquant tous les acteurs concernés par l’enseignement français, en français et du français au Royaume-Uni.

Au terme d’une coopération public-privé, le montage financier a permis d’acquérir le site et les bâtiments de l’établissement, puis de mener les travaux de rénovation et d’extension pour un budget de £26M, engageant un prêt bancaire garanti par l’Etat et une levée de fonds menée en partenariat avec la Chambre de commerce française en Grande Bretagne, avec un financement du trust de l’ambassade pour le dépôt nécessaire à l’achat (800 000€) comme pour assurer la garantie de l’Etat (1 M€).

Le rejet de la convention par l’établissement est actuellement à l’étude et probablement prévue pour la rentrée scolaire 2017, alors même que celui-ci constituerait une rupture des engagements pris en concertation dans le cadre du Plan Ecole. Le personnel de l’établissement comme les familles sont très inquiets des conséquences d’une telle mesure.

Pour les enseignants pleinement investis depuis l’ouverture du CFBL et maintenant durablement établis au Royaume-Uni, cela impliquerait la résiliation du contrat d’une quinzaine d’agents actuellement en situation de détachement auprès de l’AEFE, avec pour perspective une réintégration en France ou l’acceptation de conditions locales probablement bien moins favorables, telles que la suspension de la carrière, l’augmentation du temps de travail pour le même salaire, la fin de la prise en charge de la scolarité pour les enfants. Or ces enseignants sont les piliers de l’établissement, en ce qu’ils sont les seuls à disposer de l’expertise nécessaire à la bonne préparation du diplôme national du brevet ou encore à l’application de la réforme du collège. La convention leur apporte des garanties, maintenant les meilleurs enseignants dans l’établissement.

La déstabilisation des équipes pédagogiques provoquée par le départ des résidents et la baisse du nombre de titulaires de l’Education Nationale aurait donc un impact conséquent sur les conditions et la qualité de l’enseignement. Le changement de gouvernance et de gestion de l’établissement aurait également des conséquences difficiles pour les familles comme pour l’ensemble de la communauté française, considérant la perte de la vigilance de l’AEFE mais aussi l’augmentation des frais de scolarité qui s’ensuivrait.

J’ai déposé une Question écrite à l’Assemblée des Français de l’étranger, pour interroger l’AEFE sur les conséquences d’une rupture prématurée du partenariat public-privé, notamment sur les conditions de l’homologation. J’ai également demandé que soit respectée la concertation locale des acteurs du Plan Ecole, préalablement à toute décision, pour délibérer sur le non respect des engagements ayant permis la création de cet établissement.

A l’heure où la convention pourrait devenir un instrument de bon équilibre du partenariat public-privé, avec la garantie d’une solide contrepartie pour l’Etat, la suppression de la convention du CFBL enverrait un message dommageable au Plan Ecole comme au principe du partenariat en lui-même.